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[Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis]

MessageSujet: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Lun 11 Nov - 3:32
Je savais que c’était là. Aucunes erreurs possibles. Cette lourde porte de pierre, cela faisait trop longtemps qu’elle hantait mes nuits. Elle ne fut pas facile à trouver, dissimulée derrière la vieille église abandonnée. A l’abri des regards des gens assez téméraire ou inconscient pour s’aventurer sur cette route. Pour un natif d’Utguard, installer son campement près d’un tertre n’avait rien d’exceptionnel. Ce qui l’était en revanche c’était la solidité de cette porte.
« -Un vrai pilleur de tombe amateur »
Pensai-je en regardant d’un air désemparé autour de moi. Une pioche brisée, une longue et jadis solide barre de fer tordue et une pelle ébréchée. Voilà ce que m’avaient rapporté mes tentatives pour pénétrer à l’intérieur de ce tertre. Ces trois outils désormais inutilisables étaient dispersés autour du feu ainsi que d'un petit abri que j’avais décidé de monter en urgences pour  m’abriter. Les averses que le ciel grisâtre de cette fin de journée ne manquait pas de déverser sur moi auraient eu raison du peu de patience qu’il me restait. Si l’appel à l’aide d’une voie inconnue dans mes songes ne m’avait pas empêché de dormir. Cette foutue porte qui me résistait malgré mes tentatives et le sentiment que des draugar  se moquaient de mes assauts infructueux pour l’ouvrir.
Il n’en fallait pas plus pour me faire entrer dans une colère aussi noire que mes cheveux. J’épuisai en un temps record l’intégralité de mon répertoire- pourtant bien remplit- de jurons. J’avais passé la matinée à faire chercher à Réglisse un mécanisme caché, un levier ou quoi que ce soit qui puisse faire bouger cette saloperie de porte. L’idée de rebrousser chemin vers le château afin de revenir avec une trentaine de gardes, des béliers, voir même une catapulte pour réduire à l’état de poussière cette satanée porte était tentante. Mais le fait de devoir justifier pareille expédition juste à cause d’un rêve m’aurait, une fois de plus fait passé pour un fou. Au final, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi. J’aurais dû prendre une Wyvern comme monture et non pas un simple cheval. Malheureusement, les souterrains du château ne comptaient qu’une femelle encore trop jeune pour servir de monture. Tant pis j’allais passer ma colère sur cette dalle. Je ne pris pas moins de dix pas d’élan. Bien décidé à l’enfoncer ou à me fracasser contre celle-ci.
Tenant fermement la clé du dragon dans la main gauche. Je me mis à courir, l’épaule droite en avant vers la porte. La colère qui m’habitait se manifesta par un cri rageur. Cela faisait trop longtemps que je cherchais. Même un début de piste pour délivrer ma mère adoptive de sa malédiction. Et ce ne serait pas une simple porte, si dure soit elle qui m’arrêterait. Mon désespoir m’avait conduit à suivre ce que me dictaient les paroles issues d’un rêve récurrent. A chaque pas, je prenais de la vitesse. Au quatrième pas, mon bras gauche arma ce que les autres appelaient un saï. Mon bras décrivit un arc de cercle du bas vers le haut. Au cinquième et sixième pas, ma vitesse augmenta encore. Le dernier adversaire à avoir subi une charge de ce type avait fini deux mètres plus loin que l’impact avec trois trous au milieu du front. Laissant s’écouler le peu de cervelle qui lui commandé de manquer de respect à Virgie la servante de ma mère. Si cela avait réussi à transpercer un épais casque d’acier, la porte subirait le même sort que le malheureux. Même si je devais y passer la nuit. Alors que je m’apprêtais à transférer toute la force de ma charge dans mon coup, une étrange sensation m’envahi. Quelque chose se passait. Je mis brutalement un terme à ma course. L’élan m’emporta pourtant jusqu’à la porte. Posant une main sur celle-ci. Je me rendis compte qu’elle vibrait. Ou plus exactement qu’-elle semblait respirer. La prudence me fit reculer de quelques pas en arrière et dégainer mon épée. La porte s’ouvrait lentement laissant venir jusqu’à mes narines une forte odeur  de chair en décomposition. Je doutais de plus en plus que la douce voie qui m’avait dirigé jusque ce tertre soit une adorable et belle jeune femme comme je me l’étais imaginé.
 Masquant mon visage dans mon avant-bras, je fis volte-face. Mon regard se posa sur un gamin d’une dizaine d’année. Il avait lui aussi le teint pâle. Ces cheveux était blanc et ses yeux de la couleur de l’ambre. La magie, je n’y connaissais rien. Mais il ne me fallut à peine une seconde pour réaliser que la porte s’ouvrait au même rythme que ses bras bougeaient, comme s’il mimait le mouvement de l’ouverture. Ce que je savais aussi, c’est qu’il ne fallait pas déranger un mage pendant qu’il exerçait son art.- A moins bien entendu qu’il ne veuille attenter à votre vie.- Mais aussi que se trouver entre lui et sa cible pouvait être fort désagréable. Je fis donc deux pas de côtés et laissa cet inconnu finir ce qu’il avait à faire. Dans tous les cas, il s’y prenait visiblement mieux que moi avec cette porte de pierre. Quant à savoir ce que ce garçon faisait ici. Je décidai d’attendre qu’il eut terminé d'ouvrir la porte pour m’approcher de lui.
Avait-il fait lui aussi les mêmes rêves ? Ou avait-il surpris une des nombreuses conversations qui m’avaient amené jusqu’ici, lors de mes haltes dans les diverses auberges séparant le château Selihith jusqu’à ce tertre. Cela n'avait au final que peu d'importance. Visiblement nous allions tous les deux dans la même direction.
Je baissai ma garde sans toutefois rengainer mes armes. Les mages, je m’en méfiais. Surtout s'ils avaient l'apparence d'un gosse.
- Salut gamin. N'ai pas peur de moi. En revanche si tu comptes entrer là-dedans.
Lui  dis-je en désignant de mon épée l’ouverture qu’il venait de faire dans le tertre.
«  -Sache que je serais comptant de t’y accompagné. »
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MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Mar 12 Nov - 7:43
Utguard… Je ne sais pour quelle raison exactement, cette cité me plaisait plus que toute autre. Peut-être était-ce les murs froids du château royal qui étaient tout aussi mornes et sans vie que le reste de la ville qui ravivaient en moi un sentiment de justice envers le peuple, contrairement à toutes les autres cités qu’il m’avait été donné de visiter, en particulier celle dont j’étais moi-même issu : comment exprimer une plus grande démonstration claire et nette de leur indifférence face au sort d’autrui qu’en bâtissant une mairie d’or brillant de mille feux à moins de quelques centaines de mètres des bidonvilles les plus miséreux que l’on peut trouver dans toute la terre des hommes ? La cité nordique m’offrait en outre un factice sentiment de sécurité, là, entre ses murs, non loin de son armée qui patrouillait régulièrement non loin  – j’éviterai pour cette fois ma litanie sur ce que je pensais des gardes urbaines – et pour une fois, je relâchais mes muscles noués et laissait pendre mes bras, baigné dans cette quiétude faussée naturellement par les démons et autres créatures entourant la ville ; mais l’impression que souhaitaient donner ces murailles gargantuesques était réussie, et j’aurais pu croire si je ne m’étais pas documenté sur son sujet que cet endroit était l’un des plus sûrs de Rune Midgard. Car bien entendu, et je ne peux leur en tenir rigueur, il n’est pas rare qu’abominations du Niflheim et autres atrocités du genre parviennent à se glisser dans les rues mornes et aussi froides que leurs habitants, semant la panique dans l’enceinte.
 
Mais je ne m’étais rendu ici en touriste, malgré qu’Utgard demeurait dans les lieux qu’il ne m’avait été offert de visiter au cours de ma courte vie ; non, si je m’étais rendu en ces lieux pour le moins austère, c’était bien pour l’argent et le confort de ne plus en être réduit à voler à l’étalage. Non pas que cela m’accablait de quelconques valeurs morales, mais bien que je préférais de loin sommeiller dans un lit profond et douillet que sous une caisse en carton, et que il m’était toujours préférable de n’aggraver encore d’avantage ma réputation de fantôme chapardeur et insaisissable ; pis était que les mêmes rumeurs se rependaient partout autour, et si elles avaient pris leur source à Lumïa, j’avais ouï de cela à la cité portuaire et on m’avait questionné là-dessus a Lotheican, me demandant si il n’était un lointain cousin. La belle affaire ! De toute façon, il me suffisait de m’encrasser le visage et de revêtir de noirs vêtements – chose rare dans ma garde-robe – pour ne plus avoir l’air d’un revenant filant entre les doigts des marchands.
 
Mais le sujet n’était pas ici ; j’avais ouï, dans moult tavernes, et découvert quelques traces écrites sur les panneaux d’affichage que quelques créanciers aimaient à mettre à la disposition des clients, que non loin des murs froids d’Utgard, à quelques pas d’une église abandonnée, se trouvaient nombre de tertres infestés de ce que l’on nommait « draugar », ces morts vivants sans âme errant à la recherche de l’on ne savait réellement quoi, en voulant malgré tout à la vie de qui vive passant à leur portée. Je doutais que cela importe réellement qui que ce soit, puisqu’ils ne sortaient nullement des tertres dans lesquels ils étaient reclus et que personne n’était assez fou pour y aller chercher gloire et fortune, mais manifestement, il importait au royaume qu’une petite dératisation se fasse… Ce n’était moi qui allais me plaindre, ce n’était que de l’argent facile.
 
Je m’étais donc rendu dans l’un des nombreux tertres vétustes bordant l’édifice religieux abandonné et tout aussi délabré, sous les cieux gris anthracite débordant d’une humidité palpable ; leur couleur extrême offrait à la scène une ambiance fantomatique et si sombre en ce milieu d’après-midi , rendant tout à coup la journée agréable ; la météo était passée de sans intérêt à magnifique, et un vent frais et fort soufflait sur nous, faisant s’envoler mes cheveux en tous sens. Et devant les portes se trouvait un homme aux cheveux de jais, s’élançant d’un geste empli d’énervement – et pourtant très réfléchi – vers les vénérables édifices de pierre. Ces portes étaient vieilles et fatiguées, et malgré que je ne considérais les minéraux comme de réels êtres vivants – un peu comme je considérais végétaux – il n’y avait nulle raison de vouloir les défoncer de la sortes ; de plus, moussues et ancestrales, je doutais qu’elles tombent sous un simple coup d’épée, si véloce et puissant soit-il. Devant ses yeux, les cloisons s’ouvrirent alors, sous mes mouvements chargés d’arcanes – il n’était pas toujours nécessaire de gesticuler ainsi, mais faire des gestes était une alternative viable à celle de prendre une position dans laquelle l’on était particulièrement concentré – assis en tailleur pour ma part. L’avantage était que cela offrait un air effrayant, mais c’était à peu près tout.
 
L’individu, probablement un chevalier, se retourna alors naturellement, découvrant son visage d’une pâleur aussi maladive que celle qui habitait mon visage.
 
- Salut gamin. N'ai pas peur de moi. En revanche si tu comptes entrer là-dedans….
Sache que je serais content de t’y accompagner. »
 

Je n’avais peur que pour les personnes qui m’étaient chères, et il ne restait qu’Aaku ; mais je devais avouer que cet homme était le bienvenu. Je ne connaissais bien les draugar et les autres créatures locales, et il semblait être un charmant autochtone tout disposé à m’accompagner. Je jetai un regard vers les marches sombres s’enfonçant dans la terre puis un autre vers lui avant de hocher imperceptiblement la tête ; pas de paroles inutiles. Jamais. Je m’enfoncai vers le centre de la terre, l’inconnu sur les talons, matérialisant soudain mon épée de silex de la couleur de l’ébène dans son fourreau pour la prendre à la main.
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MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Sam 16 Nov - 21:20
Pas très causant ce gosse. Pensais-je en lui emboitant le pas.


« -Je n’ai pas confiance en lui. » Me siffla Réglisse à l’oreille en se hissant sur mon épaule.


Je saisis le reptile et la déposa délicatement près de la porte.


« Ma pauvre Réglisse, tu n’as confiance en personne. Et c’est pour ça que tu restes ici. Tu sais qui aller chercher si ça se passe mal. »
Je rassurai la couleuvre en lui adressant un clin d’œil. Ignorant son sifflement de mécontentement, mon attention se reporta sur le garçon. Il descendait déjà les marches vers l’obscurité inquiétante du tertre.


 J’aurais pourtant juré ne pas avoir vu l’épée qu’il tenait dans sa main la première fois que j’avais aperçu le gamin. Peu importe, visiblement il semblait décidé à défendre farouchement sa vie et savait où il allait. Nous descendîmes une dizaine de marche dans l’obscurité quasi complète avant d’atteindre une autre porte.


 Celle-ci était faite d’un bois vermoulu rendu fragile par l'humidité et le temps. L’écho métallique des pièces de mon armure  résonnaient  contre les parois sombres et humides du couloir. Inutile de jouer la discrétion. Les draugar sentent l’odeur de la chair humaine à des dizaines de mètres à la ronde. Ces êtres sans âme, forts comme des ours, mais dénués d’intelligence. Sans compter leurs piètres compétences martiales que seule une volonté de vivre comme les humains qu’ils étaient jadis faisaient avancer.  De simple corps décharnés errant à jamais dans leur dernière demeure. De macabres marionnettes jouant pour l’éternité, la triste pièce des derniers instants de leur vie.


Soit on les décapite, soit on leur met le feu au cul. Je me rappelais cette phrase du maître d’arme du château alors que je n’étais qu’un jeune écuyer. Mon hilarité devant cette phrase m’avait valu plusieurs heures d’entraînement supplémentaire, mais au moins j’en avais retenu la leçon.  Je passai devant le garçon en montrant la vielle porte.


« - Celle-ci, je peux l’ouvrir tout seul »
Sans élan et d’un grand coup de pied porté en plein sur la serrure, les deux battants cédèrent sans résistance. La pièce était exactement comme me l’avait fait entrevoir mes songes.


« -Télhias... Viens Télhias... »

Cette voix…  Elle me semblait familière, pourtant impossible de savoir à qui elle appartenait. Le gamin l’entendait-il lui aussi ? Je secouai rapidement la tête de gauche à droite comme pour chasser ses appels de détresses et me concentra à nouveau sur la pièce. Des torches apportaient une faible clarté dans une pièce circulaire. Taillée à même la roche. Des alcôves avaient été creusées afin d’y déposer les corps desséchés par le temps. Des guerriers morts au combat, des personnes influentes de la cité d’Utguard. Tous égaux devant la mort et pour l’éternité côtes à côtes.


Impossible que des draugar ne réussissent à allumer des torches tout seul. Cela ne fit que conforter mon idée que quelqu’un était retenu contre son gré quelque part dans ce tertre. Par qui ou quoi, je l’ignorais. Je serai fermement mes armes entre mes mains. Attentif au moindre bruit ou mouvement. Qu’elle horrible fin pour des hommes et des femmes ayant vécu dans la droiture et l’honneur que de voir leurs dépouilles  réduites à l’état de zombies. Je me fis la promesse de les affronter en chevalier que j’étais et d’enfin leur donner la paix qu’ils méritaient.

Venez à moi, corps secs et décharnés. Télhias vous promet votre dernier combat. Vous qui avez laissez aux soins des dieux vos âmes. Je suis l’adversaire ultime de vos enveloppes charnelles.
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MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Sam 23 Nov - 2:05
Les tertres… Je ne savais réellement qu’en penser ; initialement monuments funéraires pour les plus grands tombés aux combats, ils avaient fini par s’attirer une sinistre réputation de sac à zombies, et pour cause : elle était tout à fait fondée. Et si je ne m’y connaissais que peu en ceux qui les peuplaient, à savoir les draugar, je n’étais assez idiot que pour les sous-estimer ; nulle âme ne les animait, et c’était probablement ce qui les rendait si dangereux. Combattre un homme, si dérangé qu’il soit, engageait toujours des états d’âmes, des comportements prévisibles, et autres stratagèmes potentiellement exploitables pour l’affaiblir psychologiquement ; affronter un animal en revenait aux mêmes conclusions, même si les moyens y étaient ici plus concrets : un peu de viande, une odeur disséminée au gré du vent, et le tour était joué. Mais ici non, car ils n’appartenaient à aucune des deux catégories, ou plutôt ils les avaient quitté ; et si j’avais pu ressentir la vie en eux comme je le faisais dans les minéraux, je n’en aurais assurément pas senti. Aucune étincelle ne les animait, et le reflet de leurs pupilles ne rendait que votre image, comme si l’on avait retiré à celui qui était jadis humain tous souvenirs, toute vie à jamais, pour devenir une simple marionnette mortifère au service d’eux-mêmes. Et une question me vint soudain à l’esprit : que recherchaient-ils, en s’attaquant ainsi à toute âme passant à leur portée ? S’ils souhaitaient se sustenter, pourquoi ne réagissaient-ils pas comme des animaux devant vivres, et s’obstinaient à rechercher les vivants pour en faire des morts ? Et pourquoi ne se dévoraient-ils pas entre eux ?
 
La réponse ne me parvint que plus tard, et tout me sembla alors évident, chaque pièce s’imbriquant l’une dans l’autre. Ils semblaient chercher l’âme des vifs, comme si ils souhaitaient la leur voler pour remplacer leur absence ; je n’en avais jamais observé à l’œuvre, mais supposais qu’ils s’enquéraient en premier lieu d’aller fouiller la cage thoracique ou le crâne, instinctivement, car dans leur subconscient toujours demeuraient certaines pensées humaines, et c’était là que nous avions coutume de situer le concept spirituel qu’était l’âme. Bref… Le temps n’était pas réellement à ce genre de réflexions sur la nature des Draugar, malgré que nous risquions d’en croiser plus d’un.
 
L’épée à la main, je descendais donc les marches sombres du tertre, faiblement éclairé par les torches faiblardes qui nous entouraient ; je n’étais pas fâché d’avoir trouvé quelqu’un pour m’accompagner, homme local qui, qui plus était, semblait bien connaître ces tombeaux et leur contenu. Dans un silence relatif uniquement troublé par l’armure de l’homme, nous descendîmes les quelques marches qui nous séparaient de la porte de bois défraîchi ; d’un simple coup de pied en disant long sur la force qui l’habitait et sur l’état de la cloison, il la fit voler de ses gonds, et la carcasse brune et verdâtre s’écrasa sur les pavés froids de la pièce avec fracas. Celui qui semblait être un chevalier leva soudain la tête, comme cherchant autour de lui une quelconque voix, ou signe ayant pu lui attiser les sens, mais si signe il y avait eu, je n’avais rien perçu de tout cela. Que cherchait-il ? J’estimais pourtant mon ouïe relativement bien développée, si bien que chaque son infime ne vienne m’agresser les tympans avec force. Il secoua la tête, comme pour me dire de ne pas m’en faire – à moins que ce message lui fût adressé – et nous prîmes un instant pour détailler la pièce, circulaire et creusée directement dans la roche ; si l’on omettait les petites alcôves prévues pour recevoir les cadavres des défunts, elle formait dans son ensemble une demi-sphère presque parfaite. Pour la première fois depuis presque une semaine, j’élevai la voix.
 
« La structure du tertre est presque entièrement faite de pierre… Je peux établir une carte mentale des lieux proches, si vous le désirez. Tant que vous vous assurez que quelque draugar ne vienne pas me bouffer le crâne pendant que je suis occupé… »
 
Il répondit par l’affirmative, me semble-t-il, alors je posai mon épée au sol afin de procéder à ma besogne. Assis en tailleur, je m’occupai à me concentrer, et lancai une sorte de sonde, de recensement de chaque minéral pur à proximité. L’ennui était que tout autour de nous était fait de la même roche, et pa perception en était très limitée.
 
« Ce n’est pas aisé. Le fait que le tertre aie été creusé à même la roche ne facilite pas les choses, et je n’ai pu réellement distinguer les galeries… Plus bas, je sais qu’il y a une salle démesurée, mais c’est à peu près tout. »
 
De l’un des couloirs apparut un draugar, décharné et putréfié comme les livres aimaient à le dépeindre ; le raclement de ses membres mutilés sur les pavés étaient insupportable, et à peine l’homme avait-il tourné la tête que j’avais projeté sur le zombie une de mes piques de pierre similaires à des pointes de flèches. Guidée par ma magie, elle transperça son globe occulaire, et à force de concentration, traversa son crâne ; je la fis revenir sur moi peu après, mais cela ne semblait pas réellement l’arrêter plus que cela. Je me levai et, reprenant mon épée, levai les yeux vers le chevalier.
 

« Qu’est-ce qu’il faut pour les arrêter ? »
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MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Jeu 28 Nov - 7:07
Un minéralogiste… Ou un nom dans ce genre. Mon assiduité au cours de magie que m’avaient dispensé ma mère adoptive lors de ma jeunesse n’avait d’égal que ma maîtrise de celle-ci. Autrement dit, inexistante. Le garçon m’impressionnait, il ne fallait pas le nier. A son âge, je n’aurais jamais pénétrer dans un tertre d’Utguard. La preuve d’un grand courage ou d’une inconscience proche de la folie. Je garderais cette question pour moi.
Tout ce que je savais, c’est qu’il semblait bien maîtriser sa magie. Mes songes et la voix qui hantait mes pensées ne m’ayant rien indiqués de plus que l’endroit du tertre, je ne pus qu’acquiescer lorsque le gamin se proposa d’établir une sorte de carte mentale. Certainement  utile pour l’aller vers les profondeurs de ce tertre. Le retour se ferait simplement en suivant les nombreux morceaux de chair putréfié que je comptais faire de ces draugar.
Le premier d’entre eux fit son apparition. Sa lenteur à se déplacer n’avait d’égal que son implacable volonté à vouloir se repaître de la chair des vivants. L’attaque du garçon fut presque immédiate mais inefficace. Il se tourna alors vers moi en me demandant
«-Qu’est-ce qu’il faut pour les arrêter ? »
« -Je vais te le montrer. » Lui répondis-je.
M’avançant d’un pas décidé vers le draugr. Je le gratifiai d’une puissante attaque diagonale de bas en haut. Mon épée tranchant facilement les fragiles chairs mortifiées de mon adversaire. C’est sans aucun mal  que le buste du zombie fut séparé de ses membres inférieurs. Je fis rapidement un pas de côté me mettant hors de portée de ses bras et des morsures de sa bouche déformée par le rictus d’une douleur dont je remettais fortement en doute l’existence.
Reportant mon attention sur le garçon, je continuai mon cours improvisé.
«- Tu peux lui couper absolument tout ce que tu veux, il continuera d’avancer. La moindre partie étant relié à la tête avancera inlassablement vers toi. »
En guise de preuve, je lui désignai les jambes de la créature immobile alors que le reste du corps encore relié à celle-ci s’aidait maintenant de ses bras pour trainer son horrible carcasse.
Je continuai de trancher les mains puis les avant-bras. Ma lame s’abaissant  et se relevant à plusieurs reprises. Prenant mon temps pour faire cette triste besogne dans le seul but d’appuyer mes propos Amputant à chaque fois un peu plus le draugr qui avançait inexorablement vers le garçon.
Espaçant mes coups afin qu’il puisse constater par lui-même la détermination sans faille du monstre pour se repaître. Je finis néanmoins par lui donner le coup de grâce. Mettant ainsi un terme à la leçon et aux derniers soubresauts du mort-vivant dont les multiples morceaux jonchaient le sol.
«- Reste en pièce. »
Dis-je à l’égard des restes désormais immobiles du draugr.
A nouveau mon regard croisa celui du garçon.
« On peut aussi les brûler, mais je trouve que ça pue suffisamment la mort  pour ne pas rajouter l’odeur de la chair carbonisé dans ce tertre. Au fait je me prénomme Télhias. »
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MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Ven 29 Nov - 7:44
Qu’étaient-ils réellement ? Un homme se cachait-il derrière tout cela ? Comment des hommes pouvaient-ils revenir à la vie dans le seul but de tuer ceux qui s’approchaient à leur portée ? J’avais déjà eu vent plus d’une fois d’histoires semblables ou un alchimiste ou quelque autre nécromancien dégénéré se mettait à ramener à la vie des cadavres pour les placer à sa botte ; mais pourquoi les placerait-il dans des tertres, sans rien à piller, à rester ainsi à dépérir, et à ce que leur corps soit encore plus purulent qu’au moment où il l’avait employé ? Non, cela n’avait pas de sens. Couplé à cette absence de logique, il s’avérait que ces abominations vaguement sur pattes étaient dotés d’une résistance hors du commun, d’une certaine manière, et malgré leur lenteur, cela en faisait des êtres dangereux ; un homme normalement constitué aurait hurlé et se serait effondré quelques instants seulement après mon attaque – nul n’était censé être habilité à survivre après qu’un corps étranger ne lui ait crevé les yeux et perforé le crâne. Heureusement, l’homme à mes côtés dont j’ignorais jusqu’au nom semblait en savoir plus que moi sur le sujet, c’est pourquoi je l’interrogeai.
 
« -Je vais te le montrer. »
 
Voilà ce que j’aimais entendre. Il s’approcha d’un pas vigoureux de la créature et dans un unique et large geste oblique, il traversa la chair putréfiée dans laquelle son épée s’enfonça sans mal mais dans un bruit visqueux ; sas jambes se détachèrent de son corps et, à ma grande surprise, il continua de progresser, ses bras décharnés raclant le sol de leurs ongles avec une détermination presque effrayante. Mon professeur enchaîna, comme s’il avait souhaité me donner un cours sur le sujet et qu’il ne lui avait manqué qu’un sujet pour pratiquer. Il se retourna vers moi, ne prêtant aucune attention aux fragments du corps obstiné du macchabé qui se traînaient péniblement sur le sol, et m’expliqua les faits d’un ton sérieux et posé comme il aurait pu le faire pour m’expliquer un théorème mathématique.
 
«- Tu peux lui couper absolument tout ce que tu veux, il continuera d’avancer. La moindre partie étant relié à la tête avancera inlassablement vers toi. »
 
C’était intéressant. Et si on lui arrachait les globes oculaires, continuait-il à avancer ? Ou se repérait-il à l’odeur, ou encore à une sorte de sixième sens des êtres vivants, comme j’en avais pour les minéraux ? La curiosité scientifique, même sur un sujet aussi barbare, s’emparait de moi et me bombardait de questions auxquelles je n’avais pas la réponse ni le temps ou les moyens pour la trouver, et je doutais que le chevalier aie l’envie de discuter des conséquences qu’entraîneraient la crevaison de ses yeux. L’inconnu repris son cours avec une application empreinte de ses années d’expérience, à la manière d’un homme qui savait ce qu’il faisait ; j’en fus rassuré.
 
Illustrant ses précédentes paroles, il me désigna du bout de sa botte les jambes verdâtres qui brassaient de l’air, patinant en cercle en tournant sur elles-mêmes ; la situation aurait pu en être cocasse si nous n’étions pas en présence de morts-vivants souhaitant nous tuer, et je ravalai mon sourire au fond de ma gorge. Continuant dans sa lancée, il trancha d’abord les mains puis les avant-bras du zombie, et lorsque il n’eut plus que son buste frétillant et si frais se trémoussant comme un poisson hors de l’eau – à la différence que ce poisson ci hurlait d’une voix lugubre -, il planta son épée dans son dos, le clouant à la fois au sol pour qu’il ne puisse plus bouger – mais de toute façon, il était mort une seconde fois, et n’avais plus beaucoup de chances de bouger. Tant mieux.
 
«- Reste en pièce. »
 
« On peut aussi les brûler, mais je trouve que ça pue suffisamment la mort  pour ne pas rajouter l’odeur de la chair carbonisé dans ce tertre. Au fait, je me prénomme Télhias. »
 
Effectivement, je n’avais jusqu’à lors pas prêté attention à ce détail jusqu’à ce qu’il ne me le fasse remarquer et que l’odeur m’explose au visage, me donnant envie de reculer devant ces vapeurs nauséabondes. Mais je n’en fis rien, et répondant au dénommé Thélias ; je m’engageai dans le couloir que nous avions désormais dégagé de la présence du draugar.
 
« Samuel. »
« Samuel Michaelis. »  Ajoutais-je après un instant, en réponse à sa question implicite.
 
Nous nous avancions tous deux dans le corridor, moi en avant, lui à l’arrière, et ce n’était certes pas la disposition la plus propice actuellement, car il était largement plus robuste que moi, mais la petitesse de l’interstice entre les deux parois était telle que nous ne pouvions changer cela maintenant. Un des putréfiés approchais, et je le sentis à l’odeur bien avant qu’il n’apparaisse dans ma ligne de mire ; je ne ralentis pas le moins du monde, au contraire : il était plutôt frêle, et bien assez pour que je m’occupe de lui. Sans m’arrêter, alors qu’il n’était plus qu’à quelques mètres, je fis s’écraser les deux grosses pierres de taille se trouvant de part et d’autres de sa tête contre son crâne, qui… Explosa, répandant du sang sur mon apparence immaculée, me donnant l’air d’un enfant psychopathe tueur comme on comptait dans les histoires… N’était-ce pas ce que j’étais, au fond ? Je repoussai le cadavre qui gigotait toujours faiblement du pied – il s’écrasa au sol - et marchai dessus sans le moindre remords. D’autres auraient été traumatisés, mais pas moi. Mon âme était déjà morte.
 
« Ne me pousse surtout pas, de nombreux pièges attendent juste devant nous. »
 

Je les détectais aisément, et si ils étaient relativement bien camouflés pour un homme normal, pas pour moi, car tous étaient faits de pierre. J’activais donc chaque chausse-trappe devant nos yeux, et c’était divers atrocités qui se déroulaient à quelques centimètres de mon crâne : piques, fléchettes empoisonnées, puits sans fond… Nous progressions ainsi, tandis que j’écartais chacune des sources de mort sui nous entouraient, pas à pas.
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[Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis]

MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Sam 7 Déc - 22:23
Le pousser ?  Ce n’était certainement pas mon intention.
Je ne pouvais que louer ses connaissances de minéralogiste. Le moindre piège, Samuel le détectait presque instinctivement.
Et que dire de sa manière de se débarrasser d’un Draugr. Ce gosse était dans son élément. Cela ne faisait aucun doute. Son apparence aurait impressionnée nombres de personnes c’est certain. Mais que sont quelques taches de sang sur des vêtements pour un chevalier d’Utguard. Même s’il fallait l’avouer cela lui donnait un air quelque peu effrayant.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, je m’attendais à plus de férocité de la part des draugar. L’on m’avait narré des êtres à la force surhumaine, pour l’instant je remettais en doute les paroles des vantards qui m’avaient raconté leur confrontation avec de tel monstre.
Nous débouchâmes à nouveau dans une pièce identique à la première. Trois de ces monstres semblaient nous y attendre.
Un sourire illumina mon visage au teint d’albâtre lorsque mon regard se posa sur nos futurs adversaires. Ils portaient tous des armures et étaient armés d’épée et de haches.
Mon sourire s’effaça lorsque je pu constater que s’ils avaient été de redoutables guerriers de leurs vivant, les trois êtres sans âmes avançait vers nous péniblement. Trainant comme un fardeau leurs lames rouillées derrière eux.
Bloquant facilement l’attaque du premier, je pris au piège son épée entre deux piques de mon saï. La lame de l’assaillant se brisa net lorsque j’exerçai une brève rotation du poignet. Mon épée s’abattait sur son bras le tranchant d’un coup. Un instant plus tard, la tête de mon adversaire roulait sur le sol.
Las d’attendre l’arrivée du second draugr. Je dus moi-même avancer de quelques pas avant de décapiter d’un simple coup une autre parodie de guerrier décharné.
C’est pathétique. Pensais –je en me débarrassant du troisième et dernier de mes adversaires. Qu’avaient-ils donc fait de leurs vivants pour mériter un tel sort ?
Tous ces hommes, de fiers et braves guerriers certainement mort de vieillesse. N’ayant pas trouvé d’adversaires à leur mesure sur le champ de bataille. Etait-ce cela, le destin des combattants qui, par leurs prouesses martiales n’avaient pas eu la chance de mourir au combat ? Errer à tout jamais dans un tertre poussiéreux en attendant la fin des temps.
« -Télhias…. »
Encore cette voix qui m’appelait. J’observais Samuel qui, de toute évidence ne l’entendait pas. Passer pour un fou aux yeux d’un enfant- mage de surcroit- n’était certainement pas la meilleure des idées. Je me risquai néanmoins à l’interroger.
« - Tu n’as rien entendu ? »
Cette question était suffisamment vague pour m’assurer d’une réponse sans pour autant qu’il me considère comme une personne prise de quelques folies que ce soit. Le regard interrogatif de Samuel me confirma que je semblais étrangement le seul à pouvoir entendre les plaintes de la personne qui m’appelaient.
Dans tous les cas, je décidai de tirer cette affaire au clair même si pour cela, je devais explorer de fond en comble ce tertre.
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[Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis]

MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Lun 16 Déc - 8:08
https://www.youtube.com/watch?v=ktvTqknDobU

A mon habitude, j’essayais de ne pas trop effrayer les témoins de certains de mes actes pouvant parfois passer comme d’une barbarie sans nom, de peur de les effrayer par mon manque parfois chronique et violent de pitié ; un gamin qui ôtait la vie sans parfois de sommation pouvait susciter des interrogations tout à fait insensées comme se demander s’il était possédé par un quelconque esprit maléfique. Mais l’homme derrière moi, Thélias, chevalier de son état, pour qui je désamorçais consciencieusement un à un les pièges au-devant de lui, ne semblait pas être un tendre, et il n’avait pas l’air d’être à son premier travail du genre, alors j’avais estimé ne pas avoir à me cacher ; peut-être serait-il un brin rétif au début devant mes méthodes cruelles pour mon jeune âge, mais il s’y ferait vite, et nul ne lamentait les draugar pour les traitements immondes qui leur étaient infligés. La plupart n’y prêtaient aucune attention, et c’était à peine s’ils semblaient vouloir daigner reconnaître leur existence ; un peu comme lorsque l’on voit un mendiant sur le bord de la chaussée, en réalité.
Mais je m’égare souvent entre ces pages, et là n’était nullement le sujet. Le sujet était à descendre du draugar, et rien d’autre, et, éventuellement, à glaner quelques richesses au passage. Nous ne tardâmes pas, et peu après que j’aie piétiné le cadavre meurtri et décharné de la putride créature,  nous accédâmes à une salle en tout point similaire à celle que nous avions quitté il y a peu, les résidus tristement étendus au sol des pièges que j’avais déclenché gisant sur les froids pavés, comme déçus de n’avoir ôté la vie. Une réflexion vint à mon esprit : qui donc prenait tant de temps à construire ces monuments funéraires, et pourquoi donc y installer tant de pièges ? Était-ce une crainte des pilleurs de tombe ? Dans ce cas, pourquoi a-t-on créé des portes à ces lieux, et non pas muré simplement les parois extérieures ?
 
Bref.
 
Les putréfiés ne tardèrent pas a se dresser devant nous, comme hissés sur leurs jambes aux chairs à moitié arrachées. Leurs corps, vêtus d’armure, ne laissaient que peu découvrir leur anatomie à proprement parler, mais du peu que nous pouvions en voir, elle était d’avantage verdâtre et beige pâle que la peau rose que les nobliaux aimaient à avoir, ou même la pigmentation laiteuse que Thélias et moi arborions sur nos pommettes. L’un d’eux portait une hache, à l’inverse des deux autres qui portaient une épée ; et ils furent manifestement de combattants professionnels dans leur ancienne vie. Peut-être même des chevaliers, car il n’était pas rare que certains d’entre eux arborent une hache, instrument de mort moins répandu que l’épée, moins tactique et plus destructeur. Le style de combat plus barbare et effréné de certains convenaient mieux à cet instrument, et si son poids n’était pas si supérieur à celui de son homologue et qu’il avait été possible d’en réaliser une entièrement en silex, il eût été possible que j’en possède une à la place de ma lame noire.
 
Je m’écartai de quelques pas de côté afin de laisser la place à mon compagnon, et les zombies ne tardèrent pas à le prendre pour cible – il possédait plus de viande que moi. Je détournai mon attention du premier et du second pour prendre en cible le troisième d’entre eux, à l’arrière, mais eu à peine le temps de dégainer mon épée que Thélias était déjà dessus, lui ôtant la tête avec force tandis que nous pouvions voir ses os faibles se couper net en deux parties distinctes. Je ne savais si l’homme ressentait les mêmes impressions que moi, mais cela semblait presque trop facile : les pièges aisément désarmés, les quelques adversaires peu nombreux et plutôt chétifs… Nous restions sur nos gardes.
 
« - Tu n’as rien entendu ? »

«  Rien du tout. Tu sais entendre des voix n’est pas si grave qu’on ne le prétend. Crois-en mon expérience. »
 
Je marquai une pose pour jeter un coup d’œil à la salle nous entourant, puis lui adressai un geste de tête.
 
« Nous sommes presque juste au-dessus d’une autre salle. Écarte-toi du centre. »
 
Il se plaqua au mur comme je lui avais suggéré, et j’écartai les premiers pavés du centre de la pièce pour découvrir une fine couche rocheuse séparant tout de même les deux étages. Elle mesurait moins de quelques centimètres, et à nouveau, je la fis s’écrouler, et les débris allèrent s’effondrer dans la pièce ainsi découverte.
 

« Après toi, je t’en prie. »
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[Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis]

MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Jeu 26 Déc - 7:58
Normal ! ? J’étais loin d’être un homme extravagant dans quelques domaines que ce soit. Du moins, c’est l’impression que j’avais vis-à-vis de moi. Mais de là à trouver normal le fait que mes songes récurrents  me guident vers ce tertre et qu’une voix ne s’adresse qu’à moi…
Je n’avais  aucune maîtrise ni notion de la magie et de ce que certains qualifiaient comme étant un art, j’avais toujours ignoré la magie sans pour autant la médire. Préférant depuis mon plus jeune âge le fracas des armes à l’apprentissage des arcanes et la maîtrise de tel ou tel élément. Après tout, je disposais d’une lame enchantée il était fort probable que sa proximité et son maniement me laisse entrevoir une infime partie de ce que les autres appelaient la magie.
Quant à savoir comment un mage savait qu’il allait en devenir un, le fait d’entendre des voix restait tout à fait plausible.  Aussi, je m’y de côtés mes craintes au sujet de ce phénomène que je ne m’expliquais toujours pas et me reconcentra sur notre objectif qui était la progression et l’exploration de ce tertre.
Samuel me tira de mes pensées en m’invitant à m’écarter du centre de la pièce. Ce que je fis sans dire un mot. Observant mon compagnon ouvrir patiemment une brèche dans le sol au centre de la pièce.
« - Après toi, je t’en prie. »
Je rengainai mes armes afin de pouvoir mieux me réceptionner au cas où, sous mon poids mais également celui de mon armure, les bords de l’ouverture pratiquée par Samuel  viendraient à céder.  Je m’approchai lentement du trou au centre de la pièce, testant la solidité du sol à chacun de mes pas. De ma position surélevée, je pouvais presque distinguer l’ensemble de la pièce située en dessous de nous. C’était une salle éclairée par un nombre surprenant de lanternes dont l’odeur de l’huile qu’elles contenaient ne tardât pas à venir jusqu’à nos narines.
Remplaçant avec soulagement l’odeur de putréfaction qui  agressait mon sens olfactif depuis notre entrée dans le tertre. Juste sous nos pieds, au centre de la pièce. Se trouvait une sorte de réservoir d’une dizaine de mètre de diamètre remplit d’une eau noirâtre sans l’ombre d’une onde à sa surface.
Les bords de celui-ci s’élevaient à un mètre environ du sol. Les murs de la pièce et le sol étaient constitués uniquement de pierre de taille parfaitement lisse sans aucune alcôves. La couleur claire naturelle de ces pierres augmentait considérablement la luminosité. Cela contrastait terriblement avec le décor habituel-si l’on pouvait qualifier ainsi les pièces déjà explorées- que nous avions pu observer depuis notre arrivée.
J’ignorais pourquoi Samuel avait pratiqué cette ouverture créant ainsi un raccourci. Peut-être était-il pressé d’en finir avec ce qui me semblait devenir une aventure assez plaisante. D’un autre côté, il fallait reconnaitre que des cadavres déambulant si lentement qu’il fallait presque les aider à porter leurs armes pour recevoir une attaque digne de ce nom. De bien piètres combattants en effet, mais quitte à être ici, autant finir le travail. Néanmoins, mon statut de chevalier et l’idée de laisser errer sur les terres d’ Utguard de telles horreurs m’était insupportable.
J’observais le garçon et ses vêtements jadis immaculés tachés du sang de son dernier adversaire. Tout en m’asseyant au bord afin de mieux pouvoir juger la hauteur de la chute qui m’attendait.
« -A chacun son tour de se salir. »
Lui dis-je avant de disparaitre par l’ouverture. Ma chute ne dura qu’une seconde. A peine mes jambes avaient pénétré dans l’eau que je sentis le froid glacial pénétrer au travers de mon armure agressant ma peau au fur et à mesure que mon corps s’enfonçait dans l’eau. Lorsque mes pieds touchèrent le fond, ils s’enfoncèrent dans une matière molle et vaseuse. La hauteur de l’eau m’arrivait presque à hauteur de la poitrine. Le choc thermique fit frissonner chaque partie de mon corps et il me fallut quelques secondes pour m’habituer à ce changement soudain.
« -Aaah ! Elle est gelée la salope ! »
Lancer un pavé dans une mare aurait eu à peu près le même effet que mon arrivée dans ce réservoir. Le niveau de l’eau m’arrivait juste au-dessus de la ceinture et il était absolument hors de question que je laisse le gamin souffrir de cette sensation désagréable au possible. Je me tournai vers lui est tendis les bras dans sa direction en attendant qu’il descende.
Mais mains le saisirent  sous les aisselles. Je fus surpris par la légèreté de mon compagnon, malgré la hauteur de laquelle il s’était laissé tomber.  J’avais certainement surévalué son poids et si je n’avais pas porté mes gantelets, j’aurais pu certainement sentir ses os sous ses vêtements. Afin de pouvoir conserver mon équilibre, je hissai Samuel sur mes épaules comme le faisait jadis les gardes du château. Lorsque je les harcelais étant enfant, de bien vouloir me servir de monture pour défier l’énorme soufflet du forgeron qui faisait office de monstre lors de mes batailles enfantines.
Je préférai me raccrocher à ce souvenir plutôt que de pester sur le froid qui me mangeait les jambes. Et cela sans compter le poids de mon armure qui m’obligeait à fournir un certain effort pour avancer vers le bord. Le fond du réservoir étant rempli d’une matière vaseuse au possible et de débris qui ne facilitaient pas vraiment ma progression.  C’est à bout d’un souffle entrecoupé de frisson que je réussis à déposer le garçon au sec de l’autre côté du bord. Encore un effort et je m’extirpai à mon tour sans quelques difficultés de cette fosse.
Tombant lourdement de l’autre côté du rebord, épuisé et frigorifié, je rassemblai mes forces pour me diriger vers une des lanternes que je brisai sans aucune forme de procès au sol. Laissant les flammes dévorer la flaque d’huile de son réservoir,  je me débarrassai de ma cape trempée, devenue trop lourde et gênante pour que je puisse me mouvoir et combattre convenablement. J’étais habitué à la morsure des vents glacés qui battaient les paysages désolés d’Utguard. Ce n’était rien en comparaison à la sensation de froid que j’éprouvais en ce moment même. Je me comportais comme l’orphelin que j’étais il y a des cela bien des années, avant que celle que j’appelais mère me recueille et m’arrache à la misère. Sautillant sur place et me rapprochant au maximum des flammes pour espérer me réchauffer. Je m’adossai à un des murs de la pièce. Essayant de contrôler les spasmes qui parcourraient encore mon corps.
Je n’étais pas vraiment fier de mon état, mais je savais qui si je ne prenais pas le temps de me réchauffer un minimum, je n’irais guère plus loin. Pouvant mourir gelé comme ces mouches qui jonchaient le rebord du bassin.
Des mouches… près d’une fosse remplie d’eau…
Ce qui réchauffe plus que le feu, c’est l’adrénaline. Je me relevai péniblement tirant mon épée de son fourreau. Je désignai ce que j’avais pris pour un simple réservoir.
« -C’est un charnier ! »
Lui criais-je. Pas encore tout à fait remis de ce passage obligé dans un liquide où macérait probablement plusieurs dizaines de corps boursouflés et rongés par la macération d’un liquide qui ne se trouvait là que pour atténuer l’odeur pestilentielle de soldats tellement défigurés que personne n’avait pu les reconnaitre et leur offrir une stèle digne de leurs sacrifices.
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[Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis]

MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Mer 29 Jan - 8:31
Les quelques pavés que j’avais arbitrairement démolis pour les faire d’effondrer sur eux-mêmes, chutant à l’unisson dans une réaction en chaîne, s’étaient effondrés au même instant, emplissant le silence inquiétant qui avait imprégné les lieux de nombreux bruits d’eau, et je conclus, non sans une certaine note d’ironie sur ma perspicacité en moi-même, que plus bas se trouvait quelque caniveau ou même rivière souterraine que je n’avais localisée avec mon erratique détection de terrain ; je savais l’eau quelque peu minérale au bout de ses infinis écoulements dans la roche pouvait en comprendre une infime partie, mais je n’étais pas assez expérimenté pour pouvoir la sentir, alors que les plus expérimentés pouvaient la contrôler. De là apparaissait presque comme une évidence le bon sens même : il n’existait sur Midgard que deux magies viables : la minéralomancie, étude et contrôle des non-organiques, et inversement, une arcane dont je ne connaissais le nom mais qui, sans aucun doute, égalait celle des minéraux, puisqu’elles s’équilibraient sur la terre que nous foulions, nous, petits fous inconscients de la puissance qui régnait sous nos pieds.
 
Se dévouant tel un chevalier devait le faire à une tâche à laquelle je n’aurais souhaité pour le moins du monde me prononcer, l’homme sauta vers ce qui s’avérait être d’avantage un réservoir qu’un canal, et dont les nombreuses lampes à huile, surprenantes en un lieu si ancien et vétuste – indice qui ne manqua pas de me rappeler non sans un frisson les signes que ce lieu était habité – et dont les lueurs jaunâtres et dansantes se reflétaient avec une lueur fantomatiques sur les parois claires et pierreuses, donnant à l’endroit et ses murs lisses et parfaits une ambiance des plus étranges.
Avec un petit effort d’imagination, je pus sentir l’eau qui s’infiltrait dans la lourde cuirasse de Thélias pour lui geler les chevilles, et constatai avec effroi que le liquide atteignait la taille du paladin, et donc le dessus de mon nez approximativement, à l’instant où, non sans quelque juron, me tendis les bras, et je vis dans ses mains tendues la perspective de ne pas passer le reste du périple les vêtements trempés ; ce n’était pas que j’exécrais me baigner pour quelque autre raison que la propreté, c’était bien pire, et il était bien sûr inutile de préciser qu’il était impossible, impensable, inconcevable de mouiller un violon.
 
Il me prit par en dessous les aisselles, non sans que j’aie au préalable serré mon sac contre moi, et pataugea dans l’eau vaseuse tandis que je me sentais grand sur ses épaules ; il me déposa au bord, et alors que je constatais avec plaisir que j’étais resté sec, il se hissa lui-même sur les pavés froids du sol.
Et dans une initiative tout à fait judicieuse, il s’empara d’une lampe à huile et la brisa au sol, profitant des flammes rougeoyantes et bleutées qui dévoraient la flaque d’inflammable au sol pour se sécher du mieux qu’il le pouvait, sautillant sur place comme un enfant devant des sucreries auxquelles il ne peut toucher.
 
« -C’est un charnier ! »
 
Et soudain cela m’apparaissait, et si j’avais perdu toute once de dignité, j’aurais pu me frapper le front du plat de la main en m’exclamant « Mais c’est bien sûr ! » ; au lieu de cela, je me contentai d’acquiescer silencieusement, constatant alors que Thélias venait de fouler une eau stagnant et pleine de cadavres.
 
Ou peut-être pas si statique que cela, tout compte fait : je constatai une tache sombre dans l’eau dorée à cause des lampes, et un examen un brin plus approfondi m’apprit qu’il s’agissait de sang qui s’étirait vers un tunnel très bas de plafond que je n’avais pas remarqué jusqu’à lors, me poussant à remarquer le faible courant qui annonçait la chose ; tandis que je m’apprêtais à l’annoncer au chevalier qui se frictionnait toujours, faute de savoir quoi faire, supposais-je, la vue d’une vieille barque branlante qui coulait sans bruit sur le flot calme m’interrompit. Elle m’aparaissait en passant à peine sous l’étroit boyau, qui ne semblait pas avoir été conçu pour un tel débit de liquide ni pour la navigation, au vu de l’espace de moins de cinquante centimètres qui séparaient l’embarcation du plafond. Retenant ma respiration, je ne pus la relâcher qu’en constatant qu’elle était vide, et fis de mon mieux pour la retenir de mes mains.
 
« Thélias. »
 

J’attirai son attention tandis que, sans autre forme de procès, montai dans ce qui m’apparaissait comme notre seule issue de cette fosse pleine de corps putréfiés qui gisaient au fond de l’eau trouble ; il y avait suffisamment de place pour nous deux, mais pas assez pour que ce voyage vers l’inconnu demeurât confortable. De plus, il me suffirait de courber la tête pour passer le boyau, mais l’homme devrait probablement se coucher sur le flanc pour progresser. Je courant était faible, et de la main, je m’étais retenu à la jambe du chevalier pour ne pas me laisser emporter. La perspective de pérégrinations dans l’obscurité sous un plafond excessivement bas ne m’enchantait pas, mais c’était ainsi.


Enfin...:
 
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[Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis]

MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Mer 19 Mar - 0:39
Mauvaise idée les raccourcis, moins que de sauter dans un liquide gelé ou encore de pénétrer dans un tertre simplement parce qu’un mauvais rêve et une voix vous y avait dirigée. J’étais à peine remis de ce passage désagréable dans un liquide contenant sans doute autant d’eau que de restes humains que Samuel attirait mon attention vers un passage étroit au travers le mur. Un faible courant charriait un liquide poisseux. J’en étais encore à me demander ce qu’une vieille barque moisie à moitié submergée pouvait bien faire là que Samuel prit l’initiative de monter à bord. Ce qui semblait n’être qu’une formalité pour lui se révéla un exercice de contorsion des plus compliqué pour moi. Non seulement l’étroitesse du passage n’arrangeait rien, mais mon propre poids ainsi que celui de mon armure semblait faire s’engloutir l’embarcation de fortune alors que Samuel s’agrippait à l’une de mes jambes. A quoi bon lui avoir épargné une baignade des plus désagréables si c’était pour qu’au final il se retrouve trempé lui aussi. L’eau (si toutefois l’on pouvait qualifier ce liquide ainsi) imprégnait ma cape et mon surcot, ne faisant qu’alourdir la frêle embarcation.


Bon, trempé pour être trempé. Ce n’était pas cela qui allait m’arrêter.


« - Vais essayer d’accélérer le mouvement. »


 Je roulais hors de la barque en prenant soin de retenir celle-ci pour ne pas que Samuel passe à son tour par-dessus bord. A nouveau, le froid me mordit les chairs, mais moins brutalement que la première fois. Je dégrafais ma cape, la laissant dériver ou bon lui semblerait. Cela me donna un certain sentiment de légèreté non négligeable bien que le poids de mon armure m’entraînait irrésistiblement vers le fond.


Je m’agrippais néanmoins à l’arrière de la barque laissant le courant nous faire dériver vers l’obscurité totale. Parfois, mes pieds touchaient le fond du canal et je poussais sur mes jambes dès que je le pouvais afin d’accélérer le mouvement souhaitant passer le moins de temps possible dans cette position peu enviable.


Samuel quant à lui restait silencieux, impassible. Du moins, c’est ce que j’imaginais. L’obscurité ne me laissant rien discerner. Etre priver de la vue devait être une épreuve bien désagréable.  J’aurais bien fait office de gouvernail, mais par où diriger cette embarcation à la solidité plus que douteuse lorsque l’on ne sait même pas à quoi ressemble ce qui nous entoure. Le courant semblait s’accélérer et bientôt je ne sentais  plus le fond du canal dont les aspérités ressemblaient  plus à ceux une rivière souterraine. Le temps me parut bien long et nous dérivâmes ainsi pendant un moment qui me parut durée une éternité. Malgré mes efforts pour rester attentif, le froid me faisait glisser peu à peu dans une torpeur des plus agréables. Je n’étais plus accroché à une barque, non j’étais près du feu au calme dans ma chambre. Mon armure ainsi que mes armes correctement rangées dans un coin de la pièce. J’étais en paix, Lérena était près de moi, ses mains caressant avec délicatesse son ventre dont la forme singulière présageait la venue d’un heureux évènement d’ici peu de temps. Elle tendit sa main me signifiant de me rapprocher d’elle me faisant savoir que notre enfant bougeait et m’invitait à poser la main sur son ventre. Espérant me faire partager un peu par avance ce bonheur immense qui allait arriver sous peu.


Je fus brutalement tiré de ma rêverie. Un retour à la réalité plus que désagréable, je me serais tout de même bien laissé sombrer dans ce rêve des plus doux si une chose n’ayant rien d’humain n’était pas en train d’essayer de m’étrangler. Sous l’effet de surprise et certainement par réflexe, je fis l’erreur de lâcher la barque. Mes mains gantées saisirent celles de mon assaillant alors que je sombrais avec lui vers l’abîme. Devais-je rejoindre ces tristes légions vouées à l’errance ? Était-ce là le destin que les dieux m’avaient accordé ? Je pouvais presque sentir la chair bouffie des avant-bras de mon adversaire au travers de mes gantelets. Je réussi malgré tout à me dégager et à remonter à la surface pour reprendre une trop brève respiration. Replongeant volontairement sous l’eau et malgré l’envie de reprendre plus longtemps ma respiration, évitant le deuxième assaut de mon adversaire. Je pouvais aisément deviner la masse immonde de son corps bouffit passé au-dessus de moi malgré l’absence de lumière. Et si son objectif était le Samuel et non moi ? Je ne pouvais me résoudre à laisser cet enfant menacé davantage. Dans le seul et unique but d’arrêter la course de ce monstre, je dégainais mon saï et pris une impulsion  sur le sol vaseux. Mon arme vint se planter dans le corps de mon adversaire. Freinant la monstruosité et lui rappelant par la même occasion qu’elle n’en avait pas terminé avec moi. Le courant devenait de plus en plus fort et je pus localiser la tête de mon ennemi au bruit que faisaient ses dents qui essayaient en vain de mâchouiller l’une de mes genouillères. Le coup que je lui assénais au niveau de la gorge fut d’une violence telle, que je pouvais sentir les vertèbres de sa nuque craquer sous le choc mettant fin au combat.


Tout en essayant de garder un équilibre des plus précaires, je rageais intérieurement de m’avoir si facilement laissé surprendre. J’appelais Samuel à plusieurs reprises sans succès. N’ayant comme unique réponse que le bruit de l’eau se fracassant sur des rochers. J’eus vite fait d’imaginer le pire destin pour ce garçon  et redoublais d’effort pour parvenir à trouver une issue à ce canal espérant que le gamin avait pu s’en sortir.


Certes ce gamin n’était pas très causant et un peu étrange à vrai dire. Mais on ne pouvait pas lui enlever son courage. Entrer dans un tertre… J’en aurais été bien incapable à son âge. Il fallait que j’évite d’être naïf. Il était magicien. Qu’est-ce qui me prouvait que ce n’était pas lui qui faisait résonner ses voix dans ma tête. Je ne connaissais même pas ses motivations à me suivre dans ce tertre.

A force de gamberger et d’avancer dans ce canal, l’obscurité commença à faire place à une lumière faible au départ puis de plus en plus présente.  J’arrivais dans une pièce identique à celle que nous avions quittée avant d’emprunter ce maudit tunnel. A la différence qu’une porte était présente dans celle-ci. Nulle part, il n’y avait de traces de la barque ou de Samuel. Préférant me raccrocher à l’idée que la barque ( et Samuel) avait dû emprunter un autre canal, je révisai le sens de mes priorités et décida de partir à la recherche de Sam malgré cette voix qui continuait à m’appeler.


 
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[Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis]

MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Mer 26 Mar - 2:27
On ne pouvait dire que la claustrophobie faisait partie de mes peurs paniques ; j’abhorrais les scientifiques jusqu’à en être effrayé, de même que leurs laboratoires, en guise d’exemple, mais jamais, dans une cage ou dans un espace restreint, n’avais-je été pris de ces crises qui s’étaient emparées de moi auparavant lorsque je tentais d’évoquer mon passé, pour révéler en moi ses fantômes et les affronter, bravant l’impossible. Cependant, la perspective des dizaines de tonnes de roche que je pouvais sentir vivre au-dessus de moi, dont la structure rongée par les galeries du tertre en affaiblissait partiellement la naturelle solidité, n’était pas pour me rassurer ; un brin irrationnelle, étant donné que je pouvais ressentir fluctuations et grondements de ses fondations jusqu’à la terre ferme, cette crainte me rongeait tout de même, car il était rare que je ne me retrouve avec une telle masse sur mon crâne – il était même probable qu’un tel événement ne me sois arrivé depuis les mines de Tubalcain.

Mais l’individu qui devait le plus en souffrir était probablement ce pauvre chevalier qui, après avoir constaté que, bien malheureusement, son poids, le mien et celui de ses protections cumulés semblaient trop pour la vieille barque pourrie qui nous portait, s’était à nouveau sacrifié pour éviter que je ne me mouille dans cette fange hydro-anatomique ; je n’étais certes qu’un enfant, mais il avait pu voir mes capacités à me débrouiller et me défendre, cependant, Thélias semblait bien déterminé à veiller au fait que le froid ne s’empare pas de moi. Sinon la vie, je lui devais l’élémentaire confort qu’il pouvait régner sur une telle embarcation d’une pareille exiguïté – mais au sec, au moins. Il était descendu de notre moyen de locomotion à travers ces sombres boyaux, s’agrippant de ses mains à l’arrière de la barque, tentant du même coup de maintenir sa tête hors de l’eau sans trop d’efforts, de ne plus faire couler notre bateau et de faire progresser plus vite notre périple, si seulement il pouvait s’appuyer sur quelque corps ou brique qui traînait au fond et sur lequel il aurait pu prendre pied un instant.

L’obscurité était telle qu’en les tendant devant moi, je pouvais à peine apercevoir mes mains, pourtant pâles comme de la craie. Le silence était épais lui aussi, et seul le clapotis de l’eau venait troubler cette atmosphère inquiétante, presque oppressante qui régnait dans la caverne ; Thélias toujours accroché à l’embarcation, le temps filait comme le canal sur lequel nous voguions, comme coupés de tout sens. Nos esprits dérivaient doucement dans les méandres d’internes réflexions, ou tout du moins, il en était mon cas. Des aventures, des rencontres, des contacts défilaient au fond de ma tête, avec une telle clarté qu’on aurait pu les croire réels ; mes souvenirs n’avaient rien perdu de leur éclatant aspect. J’eus même une pensée pour ma sœur Aaku, me surprenant de m’interroger sur ce qu’elle était en train de faire en ce moment. L’être humain est tellement égoïste que de temps en temps, il semble oublier que tous vivent, même loin de celui-ci ; alors, il s’interroge sur leurs présentes activités. Mais quelqu’un qui songerait là au gamin blanchâtre que j’étais aurait bien du mal à m’imaginer dans une telle situation, j’en ai peur.

De ma torpeur m’extirpa alors soudain non sans peur, ou du moins surprise, le chevalier qui m’accompagnait, qu’un draugar semblait avoir attrapé. Avant que je n’aie pu réagir, celui-ci avait déjà lâché la barque, qui, dépourvue de pitié, s’éloignait déjà de l’individu en plein pugilat aquatique et désordonné, lui donnant la grâce d’une carpe se remuant sur la terre ; je lui tends la main, en allant jusqu’à manquer de tomber moi aussi, et que nous nous en allions tous deux dans les tréfonds de cette vase visqueuse. Mais ce fut futile ; bien vite, mon bras élancé vers l’individu s’éloigna, happé indéniablement et irrémédiablement dans le sens du courant, et tandis que j’eus l’impression que Thélias s’éloignait, je ne pouvais plus que ramer en sens inverse me des mains. Je savais bien sûr nager, cependant, d’avantage comme un chien qu’un dauphin ; jamais personne ne m’avait appris, et si j’avais déjà barboté dans quelques rivières, cela s’arrêtait là. Il n’en résultait pas moins que l’amertume de la lâcheté et du dégoût que je ressentais envers moi-même m’enserrait la gorge ; tandis que je finissais de ne plus l’apercevoir du tout au détour d’un soudain virage du canal dont le courant s’accélérait de mètre en mettre, la dernière image que j’avais du chevalier ne cessait de se jouer en boucle au fond de mon crâne : il semblait, de sa botte, écraser sous la surface la tête du macchabé, comme on se débarrasserait de boue sur un vêtement ; nous venions de nous rencontrer, nous, compagnons inopinés explorateurs de tombeaux, cependant, nous semblions nous être sauvés de bien des choses mutuellement, et la perspective de son corps dérivant sur l’eau me faisait frissonner d’effroi.

Je n’avais plus qu’à me replonger dans cet état d’hébétude dans cette ambiance obscure, non sans me dire que avec un peu de chance, nous étions tous deux en train de nous inquiéter mutuellement l’un pour l’autre ; son armure était lourde, mais il n’y avait aucun doute que ses capacités en natation surpassent de loin les miennes. La barque tourna plusieurs fois, raclant parfois les murs, prit probablement des bifurcations, si bien que le courant qui me semblait fort au moment de notre séparation m’apparaissait maintenant violent, tant le bateau filait sur les eaux. Des torches se firent bien vite ré-apercevoir, leur reflet rougeoyant dansant sur les flots, révélant des berges, sur les côtés, qui devaient être accessibles depuis un autre endroit du tertre. Et soudain, alors que le bruit détonnant qui s’était infiltré à mes tympans d’un volume augmentant progressivement m’apparut, comme me sautant au visage : j’avais bien peur d’être attiré vers une chute d’eau. Une dernière incartade à angle presque droit du canal confirma mes soupçons : on la voyait s’écouler, le liquide bleu-noir s’en allant dans un gouffre ; et devant moi, à une quinzaine de mètres, là où la cascade se trouvait, semblait être une sorte de plus grande caverne, comme si le tertre n’était plus et que nous arrivions dans une alcôve naturelle.

Sans attendre, ma lame noire de silex apparut entre mes mains. Écartant de mes dons deux des parallélépipèdes minéraux qui composaient les murs, j’y plantai mon épée dans l’interstice ainsi créé, qui me revint sur le torse comme pour me bloquer. Je ne craignais non pas pour la solidité de mon arme, mais du fait que la barque semblait de plus en plus échapper à ma force ; mon corps était bloqué contre la lame qui faisait comme un levier et retenait le tout, mais pas pour bien longtemps, semblait-il.
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MessageSujet: Re: [Quête] Dératisation. [Pv: Samuel Michaelis] Mar 1 Avr - 6:27
Il fallait bien l’admettre, j’étais complétement perdu. Et en plus, j’avais égaré mon compagnon de route dont les pouvoirs, même si je n’y connaissais rien en magie. S’avérait bien utiles pour connaitre à peu de choses près notre position et prendre une direction dans ce qui maintenant m’apparaissait plus comme un labyrinthe qu’autre chose. Et me voilà encore à grogner sur les raccourcis. Il n’empêche que si l’on avait continué à suivre un cheminement normal, on aurait pu rebrousser chemin en suivant les cadavres décapités que l’on laissait derrière nous.
Une forte odeur de chair pourrie arriva à nouveau jusqu’à mes narines. Pourtant je ne distinguais aucune de ces saletés ambulantes aux alentours.
« - Mais… c’est moi qui sent le mort comme ça !? »
Prêtant un peu plus attention à ma tenue et à l’odeur qui s’en dégageait, je ne pus que constater qu’un liquide poisseux et nauséabond me recouvrait entièrement des pieds à la tête. Beurk. En même temps prendre un charnier comme pataugeoire, il ne fallait pas s’attendre à en ressortir reluisant. De m’exprimer ainsi à haute voix avait attiré de l’un de ces monstres. Néanmoins, il ne se rua pas vers moi comme les autres lorsque son regard vide balaya la pièce.  Son attitude étrange comme un être semblant se fier uniquement à son odorat me laissait perplexe. Je voulais bien croire qu’avec les années leur cervelles avait du ramollir, mais à ce point, j’avais du mal à imaginer qu’il ne me remarque pas. Pour finir, si cela pouvait accélérer mon avancée, je n’allais pas me priver de cet avantage. Déjà, qu’ils n’étaient pas bien rapides, mais si en plus ils me prenaient pour l’uns d’entre eux  à cause de l’odeur que je dégageais. Ma lame s’abattit sur mon adversaire le décapitant d’un coup.je passais la porte réservant le même sort à trois autres de ces immondes créatures. Prenant soin au passage d’orienter leurs dépouilles afin de pouvoir me repérer si je venais de nouveau à emprunter ce chemin. Une impasse, un embranchement et quelques d’adversaires plus tard, j’avais certes progressé dans l’exploration de ce tertre, mais sans trouver pour autant une trace de Sam.
Pire, les murs construit de la main de l’homme laissèrent bientôt place à la roche naturelle. Seule la présence de torches et le faible bruit d’une cascade me poussait à continuer dans cette direction. Cette dernière n’était guère plus haute que trois mètres. Le cadavre d’un draugr flottait comme bercer par les vaguelettes dans l’eau noirâtre. M’approchant prudemment de lui, je constatais qu’il restait immobile malgré le fait que je pique de la pointe de mon épée et cela à plusieurs reprises son corps gonflé par le séjour dans l’eau.
Comme on se retrouve. Pensais-je. Après avoir examiné le corps du cadavre, je pus remarquer que ses blessures étaient celles que j’avais infligées au monstre qui était à l’origine de ma séparation avec Samuel. Je l’aurais bien insulté encore ce tas de chair morte et cela jusqu’à ce qu’il se relève pour passer mes nerfs dessus. Mais cela ne m’aurais pas avancé à grand-chose. Il n’y avait aucune traces, ni de Sam, ni de l’embarcation. Je pris une grande inspiration et hurla son prénom encore une fois. Espérant que l’écho naturel de cette caverne réussisse malgré le bruit de la chute d’eau parvenir à ses oreilles. Si toutefois il était encore en vie. Mon cri sembla mourir essoufflé par l’écho ou le bruit du tumulte de l’eau. Peut-être les deux.
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